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  Pierre Oscar LEVY
  Un incertain regard
  Mon regard incertain, sur quelques images ou quelques faits. pierre_oscar.levy@noos.fr
Un Film à voir de toute urgence (11/02/2007 16:00)
Sortie le mercredi 7 février 2007 du film de Florent Marcie ITCHKÉRI KENTI .
"Tourné clandestinement en Tchétchénie pendant la première guerre, monté dix ans plus tard pour témoigner d'une histoire oubliée, Itchkéri Kenti est, aux yeux des Tchétchènes, un film symbole »
Avec Mon complice Hervé Nisic nous avions sélectionné ce film au Festival de Lussas en 2006. La présentation du film devant 300 personnes, cet été-là est une des expériences importantes de ma vie  - je pèse mes mots -. Il y avait une émotion palpable solide. Le film de Florent Marcie est un film de combat. Un photographe y devient cinéaste par nécessité. Un cinéaste qui apprend à utiliser le temps du cinéma pour porter témoignage. Ce film est particulier à plus d’un titre! Nous vivons progressivement  l’engagement du cinéaste dans son processus de prise de conscience dans laquelle il réussit à nous entraîner. Ce film est un document politique sur le génocide organisé par les Russes en Tchétchénie. Et puis dans le courant du récit, le film prend une dimension bien plus grande encore, il nous montre la guerre. Il nous la fait comprendre avec une incroyable justesse dans l’utilisation du temps (vous savez cette denrée si rare à la télévision) et du rythme. Sans effet, sans image spectaculaire, nous vivons la guerre, nous y sommes, nous comprenons que jamais on ne nous l’avait montré aussi justement.
Joël Brisse et Marie Vermillard. Cinéastes de l'ACID écrivent: "Le temps réel existe au cinéma, un temps qui n’est pas un temps de cinéma, un temps conventionnel. Le temps réel disperse son atmosphère entêtante autour du spectateur, il n’est pas une idée du temps, il produit son effet sur le corps du spectateur. Le spectateur n’a pas vu les soldats russes, sa maison n’a pas été détruite, sa femme n’a pas été violée, son fils tué, mais la caméra a une telle intimité avec ceux qui attendent qu’il ressent la peur. Le pays est devenu une énorme nasse dans laquelle les villageois tchétchènes veillent. Ils répondent parfois aux balles par quelques mots drôles pour tromper leur angoisse.  La caméra attend avec eux, allongée sur le plancher ou blottie au fond d’une cave pour échapper à la mitraille (…)
La caméra est là pour enregistrer ce temps épaissi par l’angoisse, pour nous apprendre à quel point la peur de mourir est banale."
Le Canard Enchaîné parle de chef-d’œuvre:  "Tourné en 1996 et monté en 2004, ce documentaire hors du commun du reporter Florent Marcie constitue une plongée bouleversante et instructive dans la première guerre de Tchétchénie.Un chef-d'oeuvre dans son genre, qu'il est urgent de voir..." Allez-y vite!
Le R.O.D. à l'oeuvre (11/02/2007 15:30)
Le R.O.D. (voir précédemment) se rend en délégation pour rencontrer Patrice Duhamel et Patrick de Carolis. Martin Meissonnier du groupe des réalisateurs " Électrons Libres" est là, Abraham Ségal, coprésident et Pascale Krief, vice-présidente, représentent Addoc.(Association des cinéastes documentaristes), le C7 (Club du 7 octobre) a envoyé Xavier Carniaux, président et Serge Lalou,   l’U.S.P.A. (Union Syndicale de la Production Audiovisuelle) Paul Rozenberg, le président de la commission documentaire, ainsi que Sophie Goupil. Simone Bitton et moi-même essayons de jouer notre rôle pour faire honneur à la S.R.F.
La coutume à France Télévision, pour pouvoir pénétrer dans les bureaux et de présenter patte blanche et papiers d’identité. Après vérification par voie téléphonique de la réalité du rendrez-vous, la plupart du temps, on se retrouve coincé dans un portillon en verre, pour être sauvé par un appariteur lent, fatigué et peu aimable. Ce jour, rien de tout cela, une sémillante hôtesse vient nous chercher pour nous faire passer, sans prendre nos empreintes digitales, directement dans les ascenseurs qui montent au huitième ciel (à la télé, il faut toujours en faire un peu plus. Et moi d'habitude je ne dépasse jamais le cinquième étage). L’architecture du pouvoir est toujours claire et transparente. Le bureau de Patrick de Carolis où nous ne serons pas reçu est au coin nord est du bâtiment, il doit avoir vu sur TF1 et la tour Eiffel et embrasser du regard les ondes électromagnétiques qui sillonnent le paysage. Pour arriver à notre lieu de rendez-vous, il faut prendre une passerelle, étroite, facilement défendable par deux gros bras, capable d’empêcher l’intrusion d’une intersyndicale en furie. Je ne sais pas pourquoi cela me fait penser à un pont-levis (j'ai mauvais esprit). Nous arrivons débonnaires dans une salle qui donne au sud-est sur un joli panorama, une salle qui jouxte le bureau du président. "Il y a dans ce lieu comme les échos des grandes décisions qui ont été prises ici"  dirait le commentaire du reportage qu'il y aurait à faire sur France-Télévision. Une grande table arrondie à une extrémité fait face à un grand tableau blanc très scolaire. Le deuxième mur est occupé par un écran plat éteint… De grandes baies vitrées donnent sur Paris, la Seine, l'hôpital proche et les toits hérissés d'antennes paraboliques qui donnent au batîment un aspect scientifique. Nous avons le temps d'admirer le paysage car nous sommes livré à nous-même. Je vais m’asseoir au centre de la partie  arrondie de la table le dos à la fenêtre, mais je me ravive, je sens que c’est la place du dirigeant, le dos à la lumière… Et galamment j’offre le siège à Simone Bitton. Je me préfère prendre la place contre le mur devant l’écran plasma face au paysage… Après un long temps d’attente, Patrice Duhamel arrive, comme fortuitement. Il ne me reconnaît pas, il faut dire que lors des dernières négociations, je portais barbe et cheveux longs et qu'aujourd'hui je suis tondu. Pourtant avec Pascal Thomas et Agnès Tricoire ( de la Ligue des droits de l'homme)  nous avions obtenu l’arrêt du tournage d’une émission de télé-réalité produite par une filiale d’Endemol. Une émission jeu ou des téléspectateurs allaient vivre, sous le regard des caméras, chez des "primitifs"…
La discussion s’engage mollement en attendant le patron . Patrice Duhamel parle du FIPA. Puis après un certain temps, Patrick de Carolis rentre dans la salle par une porte que je n’avais pas remarqué, une porte dérobée. Décidément cette impression d’être dans le donjon nord-est s’amplifie. Il serre la main à tout le monde, comme l’a fait plus tôt Patrice Duhamel. Une autre drôle d'impression naît: les producteurs tutoient, nous vouvoyons. De Carolis s’étonne que Simone occupe sa place, et il m’indique que Marc Tessier s’asseyait habituellement sur le siège que j’occupe. Je suis bien content de savoir reconnaître la mise en scène des lieux. Les deux dirigeants se sentent un peu déstabilisés dans leurs habitudes. J'avais réalisé ainsi une soirée thématique pour ARTE sur les paroles échangées entre médecins et malades, et j'avais fait asseoir les généralistes à la place de leurs patients... cela donnait de bon résultat.  Commence alors une discussion que, dans les communiqués, on qualifierait de "franche cordiale, sans tabou". Il semble que nous sommes écoutés, de là à être entendu c’est une autre question. Xavier Cargniaux  brille comme chef de délégation, et Serge Lalou est tout à fait brillant. Nous formons tous un groupe compact sans contradiction apparente. Patrick de Carolis indique que ce qui caractérise le Service Public ce sont  les sujets qu'il aborde, des sujets qui ne sont pas traités ailleurs… Et nous qui sommes là pour défendre les films et pas les sujets!?… À la fin de l’entretien qui portait essentiellement sur notre volonté de voir de vrais documentaires dans la programmation de France Télévision. Carolis conclut "nous sommes d’accord sur la diversité, mais pas question de lâcher la main du téléspectateur"… Probablement qu'il estime que  la grande traversée du long fleuve tranquille qui coule des robinets de la télévision est dangereuse. Tenons donc fermement et paternellement la main de la mégère de moins de cinquante ans, de peur qu’elle préfère aller se baigner dans les eaux troubles du privé. C'est notre mission. Heureusement nous allons avoir bientôt des rendez-vous régulier (?) pour étudier la question des gants à prendre pour bien retenir le public sur les chaînes publiques. Bref une affaire à suivre.
Citations (09/02/2007 18:23)
Lundi 5 février 2007
18h30 ce lundi, nous commençons la conférence de presse annonçant la création du ROD (Réseau des Organisations du Documentaire)   Abraham Segal pour Addoc (Association des cinéastes documentaristes), explique le choix du sigle: "Hic Rhodos, hic salta". J’ai fait 6 ans de latin au collège et au Lycée, je n’y connais de fait rien, déjà le niveau baissait dans les années soixante. Mes recherches sur Internet donne "Hic Rhodus, hic salta" ! (Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter). Ce serait des paroles tirées de la traduction latine d'une fable d'Ésope, l’histoire d’un vantard qui affirmait, citant des témoins, qu'il avait fait à Rhodes un saut magnifique. Ces interlocuteurs lui répondirent : "A quoi bon les témoins ? Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter". Ce qui voudrait dire au figuré : c'est le moment de montrer ce dont tu es capable. C’était bien notre objectif ce lundi, montrer que nous étions capable de nous unir pour défendre le documentaire et la création, nous avons donc sauté… le pas. En tout cas ROD est né pour copier ROC, BLOC, BLIC et tous les autres regroupements plus ou moins contre-nature. Allez sur le site du ROD, il parle mieux que moi www.reseau-doc.org. Comment réussir avec un attelage pareil, des réalisateurs inorganisés qui ont mis le feu aux poudres, les électrons libres et Addoc, C7 (Club du 7 octobre), SRF, USPA, et certains producteurs du SPI. Au moment des négociations des conventions collectives cela fait drôle. Il suffit de lire un certain commentaire sur ce blog même pour bien comprendre que tout ceci n’est pas forcément évident. Et que certains me téléphonent pour me ranger dans la section collabo. Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer c’est Guillaume d’Orange qui a dit cela, il paraît qu’il était taciturne c’est-à-dire morose, renfermé, sombre, silencieux, triste. Faut-il y lire un présage?
Bonne Année (28/01/2007 13:43)
Je reçois les vœux de Jean-Marc Jancovici, je suis abonné à sa lettre. Comme c’est jour de fêtes je ne travaille pas je cite. Il s’amuse en expliquant que les discours des candidats ressemble à s’y méprendre à quelques principes de Rouxel.
- Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (nombreuses déclinaisons possibles, et du reste elles ne manqueront pas),
- S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème (quand on creuse un peu, n'est-ce pas comme cela qu'un certain nombre d'élus et d'électeurs prennent les problèmes énergético-climatiques ?)
- Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller.... et le plus vite possible (la lecture des programmes présidentiels vous montrera que la vision claire de "là où nous devons être dans 50 ans" est une rarissime exception et pas du tout la règle),
- Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes (en application de ce principe shadokien, quasi 100% des mesures restrictives sur les émissions se concentrent sur les industriels - 33% des émissions nationale production électrique incluse. Tant qu'à perdre une voix, autant la perdre sur un acteur qui émet beaucoup - un industriel - que sur un acteur qui émet peu - un ménage, en vertu de quoi ce sont souvent "les mêmes" qui sont concernés),
- Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes (mais on peut aussi tenter de faire les deux, d'aucun(e)s ne s'en privent pas).
Et là-dessus, tout du bon pour 2007 quand même, et bon début (et bonne fin, tant que nous y sommes) d'année nouvelle, en espérant qu'elle vous sera douce quand même, et je ne parle pas que des températures, bien sûr ! Jean-Marc Jancovici est un expert en dérèglement climatique.

http://www.manicore.com/documentation/environnement_prospective.html
Lady Chatterley (28/01/2007 12:18)
Jeudi 28 décembre 2006
Je découvre Lady Chatterley de Pascale Ferran. Un chef-d’œuvre. Au début, je me suis demandé pourquoi je regardais ce film : il parlait français, dans des décors anglais… J'ai cru que ce n’était pas du cinéma mais seulement un téléfilm. Et puis, le film a continué son travail. Des plans de petites fleurs, qui n'avaient pas l'air formidables, des cadrs pas très classiques et "Une célébration joyeusement panthéiste"qui s’installe comme dit la journaliste de Télérama. Ensuite le désir féminin qui s’exprime dans chaque image, chaque raccord. Puis une sorte de documentaire sur l’apprentissage du plaisir. Pascale Ferran me permet enfin de voir dans un film ce que tout garçon rêve de savoir. Enfin à la fin du film l’expression de l’amour, simplement, réellement, des dialogues incroyablement sincères, des acteurs formidablement justes… Pascale Ferran a réussi un film qui montre l’amour comme jamais on ne l’a vu au cinéma. Peut-être, le livre était plus chaud, plus torride, peut-être que cela manque tout de même un peu de sexe, mais réinventer en 2006, la représentation de l’amour, c’est incroyable, c’est formidable. Chapeau.
S.D.F. (28/01/2007 10:27)
Lundi 25 décembre
48% des Français ont peur de devenir S.D.F., émoi, émoi. Mais moi je m’aperçois avec horreur que S.D.F., sur mon clavier d’ordinateur, est déjà tout écrit, prêt à être tapé …Avec KLM c’est la seule chose de sensé et de lisible dans cette disposition de caractères là AZERTYUIOP. Et moi, et moi aussi je pourrais devenir un S.D.F., il suffirait d’une longue maladie… Et puis je me rassure, même si le A est le plus éloigné du M possible, j’arriverais toujours à taper les amis, les amours. Je compte sur vous........
La peau de Jacques Chirac (28/01/2007 02:05)
Dimanche 24 décembre
C’est noël, comme chaque année, petit papa César a déposé dans mes souliers le coffret, qui ressemble a un cercueil et qui rassemble des DVD de films en compétition pour les Césars.
Parmi toutes ces merveilles, le film de Karl Zéro et Michel Royer : Dans la peau de Jacques Chirac.
Une occasion de comparer ce film avec l’émission de télévision de Patrick Rotman sur le même Chirac (Voir Vieille soupe commentaire du Lundi 23 Octobre 2006). Je suggère à tous les cinéastes qui sont aujourd’hui obligés de faire plusieurs métiers (chroniqueurs, prof, écrivains, etc…) de se précipiter pour faire à la Femis ou ailleurs un cours pour comparer des deux émissions. Ils découvriront tout d’abord que l’amusante contribution de Karl Zéro ressemble à une émission de divertissement, vous savez celle où des acteurs font parler des animaux - succès garanti. Ensuite après une étude statistique, ils pourraient connaître précisément le nombre impressionnant de plans identiques qui se trouvent dans les deux films…Peut-être que les deux films ont bénéficiés d'un prix de group à l'I.N.A. Je ne veux pas vous lancer dans un jeu des sept erreurs, mais ils faut bien apprécier la différence de traitements de ces mêmes extraits d’actualité. Chacun pourra noter l’évidente grossièreté avec laquelle Karl Zéro s’obstine à juxtaposer les déclarations contradictoires de Jacques Chirac, sans tenir aucun compte de la chronologie. C'est un manque évident de respect à la fonction du chef de l'État. Par contre chacun pourra apprécier le travail de Patrick Rotman qui lui s’empare des images avec des pincettes, et ne cherche aucun de ces effets vulgaires de montage. Dans le film de Rotman, la séquence de maquillage est, par exemple, utilisée, comme il se doit, à sa place, comme un pré générique, juste avant que le personnage n’entre en scène. Les hommes politiques sont maquillés pour passer à la télévision, c'est un fait avéré. Il est donc normal de montrer  Jacques Chirac se faire maquillé, sans mauvais esprit. Karl Zéro, l’amuseur, se permet par un effet de montage, de faire dire à l’archive, un truc du genre "Chirac maquille son discours". Le commentaire du film de Karl Zéro est dit par un imitateur assez médiocrfe dans l'unique but de bien différencier la voix du commentaire et celle du vrai Président. Le commentaire assassine donc efficacement chaque phrases prononcées par le vrai Chirac, dans la vraie vie. Quand il se défend, lors d’une interview, un peu moins complaisant qu’habituellement, Chirac parle de faits qui se sont passés, il y a de très nombreuses annéesPatrick Rotman, monte la séquence et la commente mollement, alors que Karl Zéro, souligne l’aveu involontaire du Président, en faisant dire à la voix-off, j’aurais du dire des faits se seraient passés, il y a de très nombreuses années…Je ne vais pas énumérer ici tous les exemples. Mais Il est amusant de noter (si je ne me trompe pas, il faut que j'avoue je n’ai eu le courage de voir  le programme réalisé par Rotman que deux fois) qu’une séquence manque cruellement dans le Chirac de France 2 celle "du bruit et de l’odeur" vous savez, ce petit discours  raciste sur les travailleurs étrangers qui sont "polygames"et  qui rendent "fou les travailleurs français", texte si bien diffusé par le groupe Zebda. "Ce n’est pas raciste que de dire cela" conclut Jacques Chirac. Ce genre de petite phrase qui  cause beaucop d'ennui à Georges Frèche et qui ne cause aucun ennui à notre Président de la République.  Bref, l’amuseur Zéro, fait, objectivement, le petit travail d'un journaliste anglo-saxon professionnel. Rotman lui, fait un excellent travail d'analyse à la fracaise sans bousculer les convenances, avec la classe et le goût consacré dans les gazettes. La comparaison de ces deux œuvres audiovisuelles nous démontre que les dirigeants des chaînes de Télévision en France semblent persuadés que les téléspectateurs sont des personnes naïves qui croient encore au Père Noêl. C'est donc par bonté d'âme et civisme qu'ils font produire des émissions qui ne bousculent pas le sommeil des Français. Et ainsi Papa Noël est tranquille quand il passe par la cheminée.
Elle dit visions (27/01/2007 17:24)
Vendredi 22 décembre 2006
En biologie quand les cellules se divisent elles se multiplient… C’est presque magique. En Politique quand les candidatures se multiplient, elles ajoutent de la division à la division. La logique des appareils  a encore une fois gagné les professionnels de la politique… Il n’est pas compliqué de comprendre que le P.C., L.O., la L.C.R. doivent défendre la survie, les finances de leurs organisations au détriment de la logique politique, au détriment des intérêts de "notre peuple" comme dit très monarchiquement Marie-Georges Buffet.
Le dérèglement climatique et le bulldozer libéral  auraient dû les rendre plus généreux…  Nous en paierons les conséquences, eux sûrement moins que nous. C’est vrai que le Parti Communiste risquait de perdre des plumes en se rangeant derrière une candidature commune des anti-libéraux… Maintenant qu’ils y vont tous seuls, c’est beaucoup plus sûr… Ils seront bientôt plumés.  J’avais signé l’appel pour une candidature d’unité de mon camarade Robert Guédiguian. Il écrivait (je cite) : "La ligue et le parti ont un capital qui fond à vue d’œil. Ils vont à la faillite depuis longtemps. Combien de temps leur faudra-t-il pour comprendre qu’ils doivent se retirer, se déclarer eux-mêmes faillis, pour pouvoir conserver leurs actifs, c’est-à-dire pour que leur histoire, leur tradition se perpétuent dans une forme nouvelle." Je me souviens qu’en 1974, j’étais devenu membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire, persuadé que c’était l’organisation qui allait permettre la formation d’un nouveau regroupement des forces d’extrême-- gauches. Plus de Trente ans après j’attends toujours. J'y suis resté tout de même quatre années. Ce que le monde entier subit, à cause de la politique libérale, devrait pourtant aujourd’hui obliger chacun d’entre nous à un peu moins d’égocentrisme. Toutes ces querelles sont pathétiques. Jean-Pierre Dupuy parlant des dirigeants de ce monde écrit (je cite) : "Le premier risque, tous le disent, est pour une nation ou un peuple de ne pas être “dans la course” que représente la compétition mondiale, comme si l’histoire de l’humanité se réduisait dorénavant à un grand prix de Formule 1. Peu importe qu’au bout de la piste, on trouve le grand saut dans l’abîme, c’est à qui s’y précipitera le premier." (Petite  métaphysique des tsunamis, édition du Seuil - mai 2005 - Page 101) Il serait temps que nous tous prenions le volant et tentions quelque chose pour freiner le bolide. En tout cas les candidatures de  Besancenot, Buffet, Laguilliers ne vont pas dans ce sens, et c'est Clémentine qui est triste.
Le R.O.D. c'est Colossal. (27/01/2007 15:17)
Mardi 19 décembre 2006
Je participe à une réunion d’A.d.d.o.c., à la suite du Germoir. Il y a des représentants de la production, des réalisateurs non organisés et moi pour la S.R.F.. Nous décidons à la suite d'un débat dans la bonne humeur de fonder le R.O.D. : Réseau des Organisations du Documentaire, pour essayer de défendre notre conception commune du documentaire, défendre la nécessité d’une diversité des formes, des contenus, des approches, des regards et des programmations sur les chaînes de télévision de service public, bref défendre la création. C’est un front commun, nous cherchons donc le plus grand dénominateur commun entre nous tous… (à suivre)
Disparition des civilisations (16/01/2007 20:58)
Lundi 18 décembre 2006
EDF cherche à changer son image de marque et à nous faire croire qu’avec 58 réacteurs - la France dispose du deuxième parc au monde (derrière les Etats-Unis) - notre pays est à la pointe de la lutte contre le dérèglement climatique. Depuis 2001 "Faire avancer l'homme sans faire reculer le monde." ou "Vous êtes l’énergie du monde, nous sommes fiers d’être la vôtre" sont des slogans assénés par la communication de l’entreprise qui a même changé son logo : Une petite fleur comme symbôle d’une entreprise qui contribue à polluer à tout jamais la planète, il faut avoir le sens du paradoxe.
Et voilà un nouveau message publicitaire qui m’horripile.
C’est beau l'île de Pâques et j’aimerais bien la visiter. Le film commence avec une image de l’île qui attire mon attention. Je regarde donc. Je me fais avoir. Je crois voir un message me vantant les mérites de n’importe quel club de voyage. Mais le commentaire mime pendant un certain temps une communication en provenance d’écologistes du bon bord. La pub avance masquée. Les publicitaires sont capables de vendre des armes de destruction massive en nous montrant de jolis oisillons qui viennent de naître. Vous imaginez le chemin tortueux qu’ils ont dû prendre pour nous vendre EDF en utilisant l’image d’une île perdue dans le Pacifique. Comment les civilisations disparaissent ?  C’est le thème du récit publicitaire. J’imagine un créatif, il aperçoit la couverture d’un livre sur un présentoir de librairie, La mort des civilisations. Il s’en empare, ce n’est pas le titre mais l’image de l’île de Pâques qui l’a attiré; il lit la quatrième de couverture et l’imaginatif invente. Forcément le mystère de l’île de Pâques cela fait rêver.  Je cite le commentaire du spot : "Il y a bien longtemps, l’île de Pâques était couverte de forêts, de villages et de champs. C’était un paradis."  Ils en savent des choses les publicitaires… Le paradis c’est une forêt si, si… On vous dit: "Ces habitants construisaient de grandes statues pour honorer leurs ancêtres." Là, pas besoin de se creuser la tête, les statues n’ont pas bougé (il y en a par terre oui, oui). Je me souviens pourtant d’avoir lu un truc qui disait que les statues représentaient des extra-terrestres… Mais bon, dans la pub aucune allusion à cette hypothèse,c'est sérieux alors? Pas vraiment, après le commentaire s’égare un peu. Ce n’est pas vraiment scientifique: "Ils les sculptaient, dans la pierre et les transportaient sur des rondins de bois." Ce n'est pas prouvé. Comme les statues étaient taillées dans le tuf Volcanique, une pierre assez légère, cette histoire de rondins, cela ne tient peut-être pas le coup pour expliquer la  disparition des forêts. "On raconte qu’ils coupèrent tant d’arbres que leur petite île n’eut plus de forêts »  Manque de pot  les scientifiques qui ont fait des fouilles dans l’île, en 1995 et en 2000, pensent que ce sont les rats amenés par les Polynésiens qui ont colonisés l’île tardivement.   D’autres chercheurs, des Français penchent pour une sécheresse subite. (Voir le numéro du magazine Pour la Science de Janvier 2007) Difficile de croire que des marins s’amusent à détruire la matière première nécessaire à la construction de leurs bateaux… Mais vous avez raison la pub ce n’est pas la vérité révélée, et cela ne se discute pas comme un texte biblique: "Leur civilisation n’est plus mais les statues sont toujours là." C’est bien ce que je disais plus haut: "Elles nous rappellent que les énergies qui font les civilisations peuvent aussi les défaire." Là, il y a une jolie pirouette !  On nous racontait une belle histoire, nous faisions du tourisme culturel en quelque sorte, et toc, à la fin on nous bombarde une pensée philosophique. Amusant jeu de retournement. C’est un fait que l’explosion d’une centrale nucléaire peut détruire une civilisation. La catastrophe de Tchernobyl a considérablement pesé sur l’effondrement du système soviétique, par exemple. Ok, ok, le communisme cela n'est pas un civilisation disent certains… Mais d'un autre côté, la disparition du bois de chauffage, est-elle vraiment la cause de l'effondrement de la sociéité de l'île de Pâques... Le raccourci intellectuel frôle le saut quantique. Les créatifs publicitaires font entrer les concepts avec des chausse-pieds un peu trop voyants: "En consacrant 1 million d’euros par jour à la recherche, EDF développe les énergies de demain"
Le film qui passe à la télévision (http://www.edf.fr/html/paques/Internet/index.html)
pourrait même vous faire coire que cet argent va permettre de trouver de l’énergie propre à 100% et de l'énergie vraiment nouvelle de chez nouvelles balles de set. Malheureusement le texte des visuels de la campagne imprimé dans les journaux est plus explicite: "Pour préparer l'avenir, nous mettrons en service dès 2012 la nouvelle génération de centrale nucléaire, l'EPR. EDF, leader européen des énergies de demain". Un dernier mot, piqué sur Internet,
Un texte comme celui-ci ne respecte même pas les règles du Bureau de Vérification de la Publicité puisque celles-ci précisent que dans une pub: "L'allégation ne doit pas induire une fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement d'autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution à la protection de l'environnement". selon cette pub le nucléaire serait l'énergie de demain. Or, d'autres énergies sont développées actuellement, qui, à tous points de vue (rentabilité, risques, emploi, etc.), ont autant sinon plus d'avenir que l'énergie nucléaire. Le règlement du BVP précise aussi: " Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas ". En montrant le décor de l'île de Pâques, la publicité nous suggère que les énergies d'aujourd'hui nous mènent à la catastrophe, par analogie avec le processus de quasi-extinction de la population de l'île de Pâques entre le XIVe et le XVIIe siècle. Pour éviter ça, EDF prépare donc les énergies de demain, autrement dit l'énergie nucléaire. Cette analogie a pour effet de montrer l'énergie nucléaire comme une énergie inoffensive. Ce qui n'est pas le cas, si vous ne le saviez pas encore.
Le slogan d'EDF "Nous vous devons plus que la lumière" est sans nul doute très moderne à l'heure où le développement durable et le coût de l'énergie sont devenus la préoccupation majeure - voire un véritable défi - pour ce siècle.  Mais encore une fois le terme durable est un faux-ami, il vient de l’Anglais sustainable qui veut dire tout autre chose, plus soutenable que durable. Une énergie sustainalbe c'est une énergie qui a moins d’impact,  pas une énergie qui dure.
Moralité: pour sauver la civilisation il est urgent, entre autres moyens, de faire disparaître la pub,
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